Dans un format carré franchement pas pratique à ranger, les Editions Glénat avaient lancé il y a quelques années une collection : "Carrément BD", dont le but affiché était de rechercher d'autres formats de lecture et révolutionner l'agencement des cases, créant par la même une autre approche de la BD et de sa lecture linéaire en insérant plusieurs niveaux de lecture tant graphiques qu'intellectuels.

Sans aller dans l'extrême graphique comme Marc-Antoine MATHIEU, la collection a plutôt bien tenu son pari initial sous la direction de Paul HERMAN.

Ce "Vol d'Icare" d'Etienne SCREDER s'inspire ouvertement de la mythologie grecque pour construire son récit autour d'Icare qui part à la recherche de sa mère et découvre le passé, disons peu recommandable de son père, le tout sur fonds de dictature...

Psychanalyse à tous les étages, me direz-vous... et vous ne tomberez pas loin en effet. Parfois un peu pesante, cette histoire est celle de trop de pays dissous dans la guerre civile. On ne peut évidemment ne pas songer au conflit des Balkans des années 90 et dont les moins de trente ans n'ont que peu de souvenir... Mais j'imagine que la quête de ses racines mène invariablement à des déconvenues, c'est au fonds bien là le sujet, et les amateurs du genre devraient en avoir pour leur argent.

11/20






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Édité par DELCOURT dans sa collection "Shampooing" dirigée par Lewis TRONDHEIM, "L'hôtel des touristes" nous entraîne dans le sillage de Charles, employé d'une librairie, chargé par son papa d'aller visiter une dernière fois la maison de son grand-père, récemment décédé.
Ce retour au source un peu forcé, il faut bien le dire, plonge Charles dans ses souvenirs d'enfance façon "Guerre des boutons", sans compter les petits cancan de la campagne, les histoires de coucherie et autres querelles de clocher.

Clin d'oeil amusé de l'auteur sur son passé, "L'hôtel des touristes" ravivera chez le lecteur né à la campagne et ayant migré vers la ville des souvenirs heureux de la vie au bon air près des petits oiseaux (vivement que j'y revienne au bon air !)

Bon, par contre, graphiquement, c'est pas trop ma tasse de thé. J'ai un peu de mal avec le trait enfantin et les pages de six cases... La même chose dessiné par DAVODEAU par exemple, là je serai plus enthousiaste...

Comment ? Je ne vous ai pas encore parlé de DAVODEAU ?! ...  Hélas ! cela est bien possible ma foi. J'y reviendrai... J'ai décidé de relire toutes mes BD en cette dure période d'impôt !

Ah, une dernière chose, si vous croisez Charles DUTERTRE, demandez lui pourquoi ce titre "L'hôtel des Touristes", j'avoue ne pas bien saisir l'allusion...


11/20







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Il s'en passe des vertes et des pas mûres dans le supermarché "Bravo" de Pithiviers. Que ce soit dans la réserve, dans les bureaux de la direction, dans la boucherie ou sur le parking, ça baise dans tous les sens et dans toutes les positions !
"Faites l'amour, pas la guerre !" auraient s'écrier en coeur les protagonistes de cette histoire... avant que celle-ci ne parte sérieusement en couille et ne devienne franchement sanglante.

Philippe BERTRAND s'amuse à mettre ses personnages dans des positions pas possible, et pas toujours inconfortable, tout au long de ce comte moderne et libertin pas très moral et illustré de manière plus que suggestive. Il y a du "Poulpe" dans la nervosité de l'écriture, du Frédéric Dard dans les répliques et du Marc Dorcel dans la mise en scène.

Après la lecture de ce petit chef d'oeuvre pornographique et jubilatoire, vous ne regarderez décidemment plus comme avant les caissières de votre supermarché...

18/20




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On connaissait déjà le "Numéro 6", nous découvrons aujourd'hui le "Numéro 9", une petite poupée qui sauvera le monde de la destruction (enfin, pas tout à fait, mais je peux pas tout dire non plus...)

Rien à voir toute fois entre ces deux numéros... Numéro d'acteur pour l'un, numéro d'équilibriste pour l'autre.

L'idée est plaisante, la mise en image stupéfiante... hélas ! un léger manque de souffle, et une inspiration vers d'autres films et d'autres mondes peut-être un peu trop présente, font de ce film d'animation une belle réussite mais sans hourras !...

Mais certaines dirons encore que j'ai la dent dure. Après tout, il ne tient qu'à vous de vous faire votre propre opinion...

12/20










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Il est assez rare de comprendre la ligne éditoriale d'une maison d'édition c'est à dire la logique qui pousse un éditeur à publier tel ou tel livre plutôt qu'un autre. Il est rare d'avoir la clé pour comprendre le pourquoi de ces choix. La réédition par les éditions Finitude de ce petit livre de Raymond GUERIN nous fait toucher du doigt cette logique. GUERIN lié à MALAPARTE lié à JEAN FORTON lié à... la littérature d'une époque, oserai-je dire l'âge d'or de la littérature française ?! - mais je n'ai pas encore assez lu pour vraiment disserter sur le sujet...

Edition agrémentée d'inédits, de photos, de commentaires tous plus éclairant les uns que les autres. Une porte d'entrée sur un monde littéraire méconnu du grand public, inaccessible au grand public, alors que la première édition du livre était une porte cochère pour initiés...

Excellent !

17/20



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Et s'il n'en fallait qu'un, ce fut bien moi, l'homme qui n'aimait pas les films de TARANTINO, du moins pas depuis "Reservoir Dogs", "Une nuit en enfer" ou "Pulp fiction"... tout était dit dans ces films, et depuis rien de neuf...

Et si je reconnais l'humour, la qualité de jeu des acteurs de "Inglorious Basterds", je n'adhère franchement pas... il y a trop de choses violentes (les scalpes par exemple) ou encore les blagues antisimites qui font rire la moitié de la salle ou bien l'amalgame qui pourrait être fait par des esprits faibles entre "les Allemands" et "les Nazis"...

Non, vraiment... pour rire de la deuxième guerre mondiale, des nazis et d'Hitler, je conseils plutôt "Le Dictateur" de CHAPLIN ou "To be or not to be" de LUBITSCH...



12/20





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Une nouvelle aventure de Guy DELISLE, notre dessinateur-reporter francophone préféré, aujourd'hui sur les traces du grand Kim IL-SUNG et de son héritier dynastique Kim JONG-IL, grands timoniers de la COREE DU NORD, l'un des régime autocratique les plus sévère au monde...

Un grand frisson d'effroi vous parcourera l'échine à la lecture de cet ouvrage. Autant la Chine peut paraître ouverte, et la Birmanie un paradis des droits de l'homme, autant la COREE DU NORD est absolument terrifiante.

Un témoignage essentiel (et drôle) à faire lire autour de soi.

18/20



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Voilà bien longtemps qu'on n'avait vu Vincent PEREZ à l'écran...

Une curieuse comédie dramatique que ce "demain, dès l'aube", dans laquelle deux frères se retrouvent emportés dans une histoire de duel qui les dépasse et va au-delà des limites de la raison.

Plongé dans le milieu des passionnés des guerres napoléoniennes, Vincent PEREZ semble mal à l'aise dans son rôle de pianiste en perdition... pour retrouver instantanément des couleurs dès qu'il enfile un uniforme de hussard. Clin d'oeil ou rôle qui lui reste chevillé au corps ?

Ce film là ne trouve décidément pas son rythme, avec une mise en scène soit inexistante soit poussive, des plans et des enchaînement  franchement  improbables, une intrigue à peine effleurée avec des portes ouvertes mais jamais franchies et d'autres enfoncées alors qu'elles étaient ouvertes... Bref, on ressort mi-figue, mi-raisin de cet essai non transformé...

10/20


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L'idée de "Melt Banana" (je résume), c'est de jouer le plus vite et le plus bruyamment possible, avec des morceaux de moins de 2 mn...
Bref, c'est "bruitiste et expérimentale" comme le dit l'auteur de l'article sur Wikipedia (lien ci-dessus)

Mais voilà une approche bien réductrice. Je pourrai aussi vous dire que "Melt Banana" est un groupe Nippon franchement un peu jeté et pas à la portée des oreilles de tout le monde ! Et c'est  là bien son intérêt...


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Eugène DABIT est avant tout connu pour être l'auteur de "L'hôtel du Nord", adapté au cinéma par Marcel CARNE (avec une interprétation admirable de Louis JOUVET)... mais cette gloire ne sera qu'à titre posthume, Eugène DABIT mourant en quatre jour de la scarlatine au cours du voyage d'André GIDE en URSS.

"L'aventure de Pierre Sermondade" est une nouvelle inédite de l'auteur. Une nouvelle ? L'une de ses premières oeuvres, qui n'aurait assurément que peu d'intérêt si la carrière d'Eugène DABIT n'avait pris plus d'ampleur par la suite.
- Alors, me direz-vous, quel intérêt à l'édition de cet inédit au-delà de l'anecdote ?
Et de vous répondre :
- que la construction de l'ouvrage est ainsi faite qu'on découvre au fil des pages cet auteur aujourd'hui un peu oublié (il faut bien le dire) d'abord dans une interview puis dans une correspondance avec Martin du GARD, l'un de ses mentors littéraires.

Auteur de "classe", Eugène DABIT n'est pas venu à l'écriture par envie, mais par besoin. Élève médiocre, il souhaitait "entrer" en compagnonnage et s'établir. La Grande Guerre en décida autrement, et un peu plus tard la mort elle-même.

Les Editions FINITUDE ravivent cette braise littéraire d'avant guerre avec bonheur, et nous invitent à (re)découvrir le monde littéraire des années 30, 40 et 50, trop souvent oublié, et pourtant si essentiel et d'une qualité si élevée que l'on pourrait presque parler d'âge d'or de la littérature.

14/20







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Roman autobiographique s'il en est, "Un zoo en hiver" se lit avec une attention toute particulière. Plus qu'une histoire, c'est dans l'intimité de Jirô TANIGUCHI qu'on entre à pas feutrés. Au-delà de cette intimité du propos, une impression très particulière se dégage de cet album. Comme si on n'était déjà plus dans la BD mais vraiment dans l'écriture. Comme si la mise à page, les dessins dépassaient eux-mêmes le simple récit avec quelque chose d'un peu irréel ou au contraire de très réel. Un peu comme ce zoo sous la neige dans lequel se promène Hamaguchi : à la fois bien réel dans son existence quotidienne et irréel sous la neige, sans visiteurs, sans animaux... avec une neige immaculée sans traces de pas... un peu comme une page blanche, une nouvelle vie qui commence.

Alors oui, une fois plus, TANIGUCHI publie un album vachement bien, très atypique tant en matière de scénario que de dessin...

A suivre (plusieurs tomes prévus)

18/20








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Un film musical ? Un film politique ? On ne sait pas bien où Claude MILLER souhaite nous emmener dans ce film divisé en cinq ou six chapitres, et qui ne m'a séduit que jusqu'au troisième chapitre.

Ce documentaire nous propose de suivre deux fanfares universitaires en Virginie avant l'élection présidentielle américaine et historique de 2008. Deux universités s'opposent : blanche et riche, noire et pauvre (je résume et je réduis en disant cela, mais c'est un peu l'esprit...) : mais les étudiants sont tous pro Obama... sans qu'on sache vraiment pourquoi. Les étudiants ne nous disent rien sauf qu'ils souhaitent le changement. Et le documentaire ne montre rien, sauf que c'est un sacré boulot une fanfare de deux cents types à faire tourner !!!

Assez décevant, donc ...

11/20 


 


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Publié aux Presses de la Cité (notre illustration), "Quai des Chartrons" est un roman dont l'action se déroule dans le Bordeaux du début du XXième siècle entre vignes et négoce de vin dont le coeur d'activité est le quartier des Chartrons en bordure de Garonne, source de la fortune maritime de la ville, du commerce triangulaire, en passant par le commerce du vin, le transport de passager ou de bois exotique...
Bien écrit, bien documenté par Jean-Claude MALAVAL, ce roman fait partie d'une trilogie - mais peut se lire seul - retraçant l'histoire de vignerons corréziens.

Un joli roman qui ne marquera pas la littérature de son empreinte mais dont on verrait bien l'adaptation en BD ou par France 3

12/20
 





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Encore un excellent conseil de mon ami Pascal !


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Recueil de nouvelles toutes plus étranges les unes que les autres, dans lesquelles le lecteur croise avec la plus grande jubilation : deux éléphants, un moustique à forme humaine, des robots militaires, un fou volant... etc. Un manga complètement fou en somme.

Le fil rouge de toutes ces nouvelles semblent être une réflexion autour de la solitude et de l'abandon. Un sujet traité par l'auteur avec grand tact et poésie. Le dessin apporte également sa pierre dans cet édifice de l'originalité avec un crayonné parfois très précis, parfois très brouillon comme réalisé au pinceau large. La mise en page rappelle plus les manga pour adolescent que les seinen, comme un hommage finalement à cet imaginaire enfantin...

12/20






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